Pause philo #11

Jeudi 16 janvier 2014 : 11ème Pause Philo.

http://www.dreamstime.com/-image1174182Une personne venue pour la Gratiferia Capbetonnaise de décembre (compte rendu ici) est passée découvrir l’Espace de Vie. Et a décidé de rester pour la Pause Philo. Une autre personne avait téléphoné pour avoir des infos et s’est décidée à venir. C’est donc 2 nouvelles têtes pour cette Pause Philo, avec quelques unes des habituées, la séance s’est déroulée à 5 personnes. 

Un seul thème a été proposé touchant, encore une fois, à l’actualité : 

Que penser de l’euthanasie ?

Peut-on avoir le droit de vie et de mort sur une personne ?

Il était important de bien situer le contexte et ne pas partir dans des considérations sur l’armée, les milices ou le terrorisme, mais bien parler de l’approche de la mort dans le milieu médical.

La conversation s’est alors stoppée pour exposer le cadre des Pauses Philo, qui ne sont pas des discussions de comptoir, et qui demandent donc une forme de discipline pour ne pas couper la parole, et attendre son tours avant de parler, même si parfois, il est très dur de ne pas réagir immédiatement lorsqu’on est interpellée/interpellé. L’importance de ce cadre n’est pas fait pour restreindre les libertés de chacun/chacune, mais au contraire de pouvoir échanger toutes et tous sur les mêmes bases, que l’on soit à l’aise à parler en public ou non. Une fois ceci expliqué, la discussion a reprise :

Une personne malade dans l’incapacité de s’exprimer ne peut faire un choix, alors que faire ?

Par exemple, pour une personne dans la coma, c’est alors aux proches de prendre cette délicate décision lourde de conséquences, puisque c’est demander au corps médical de mettre fin à la vie de quelqu’un/une.

Il y a une évolution des mentalités qui tend à prendre en considération des personnes malades. Car la question n’est pas de savoir comment on veut mourir, ni quand, et encore moins de focaliser sa vie entière sur la peur ou le refus de penser à la mort, mais de savoir ce que nous déciderions nous-mêmes pour nous.

Ne serait-il pas plus simple pour nos proches de laisser des directives anticipées pour ne pas les confronter à un accord ou désaccord ?

Même si certains/certaines ne veulent pas se projeter vers l’idée négative que représente la mort, la mort est une partie de l’existence.

Le fait de médicaliser tout et de plus en plus, n’est-elle pas une forme de perte de l’humanité ?

Dans l’existence, chacun/chacune n’est-elle/il pas libre de faire ce qu’il/elle veut ? De faire le choix d’une ouverture de vie en ne voulant pas se préoccuper de ce qui est négatif pour ne voir la vie qu’en positif ?

Il faut faire une distinction entre d’une part la maladie, qui est souvent le résultat d’un mauvais fonctionnement de notre corps (génétique ou non) ou d’une chose suite à des comportements malsains (alcoolisme, tabagisme, malnutrition, drogue…) et d’autre part, un accident qui arrive sans prévenir.

Lorsque l’on tombe malade, il est souvent possible de connaître ce qui nous arrive et pouvoir prendre une décision à ce moment là, plus rarement, voire jamais en cas d’accident.

Notre rapport à la mort a aussi changé puisque autrefois, les morts/mortes étaient ramenés/ramenées au foyer familial. Aujourd’hui, on a peur de la mort et du handicap.

L’euthanasie pose le problème des dérives possibles et des limites à sa mise en place, c’est pourquoi il faut un cadre législatif s’appuyant sur le corps médical. Des décisions de ce genre existent déjà dans les faits pour parfois stopper l’acharnement thérapeutique. Ce qui reste un jugement de valeur du corps médical et une dure responsabilité.

C’est là, qu’il faut se poser une question sur la confiance qu’il faut apporter à un corps de métier. L’actualité nous montre trop souvent des dérives : L’affaire des poches de nutriments pour nourrissons qui ont causés la mort de 4 bébés, les prothèses mammaires pip…), mais aussi les différences de traitements et de prise en charge en fonction de son statut et porte-monnaie…

Ne verra-t-on pas, des personnes euthanasiées parce qu’elles ne paient pas les soins au détriment des autres avec des moyens financiers importants s’acharner ?

Avoir une éthique dans son travail, n’est-elle pas brimée par la hiérarchie ? Quand on sait que les centres hospitaliers sont gérés, non par des médecins ou anciens médecins mais par des gestionnaires comptables, on peut légitimement se poser la question de l’éthique.

Tout le monde peut s’opposer à sa hiérarchie pour faire valoir son droit à l’éthique, mais il y aura forcément des conséquences qui font peur : pressions, licenciement… Faire un choix comporte des risques.

Pour l’euthanasie, n’est-ce pas la même démarche ? Ne pas faire de choix anticipé, n’est-ce pas laisser le choix aux autres s’il nous arrive quelque chose ?

Comme pour le droit du mariage homosexuel qui est une avancée dans les droits des individus, le droit à ne pas vouloir d’acharnement thérapeutique doit devenir un droit pour fixer un cadre légal avec les conditions spécifiques pour ne pas que tout et surtout n’importe quoi se passe, même si tout le monde sait que dans notre système, il y aura toujours des personnes pour détourner à leur profit n’importe quelle loi.

La Pause Philo se termine sur la petite conclusion qui de l’avis de toutes et tous était une discussion plutôt , mais riche et instructive et qu’il surtout faut profiter de la vie tant que nous le pouvons !

Et que tout compte fait, laisser nos choix sur papier dès aujourd’hui et ainsi en être responsable de notre vie, mais aussi de notre mort, empêchera d’autres décident pour nous.

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