Pause philo #16

Jeudi 20 mars 2014 : 16ème Pause Philo.

http://www.dreamstime.com/-image1174182Une petite discussion sur des questionnements personnels a posé naturellement le sujet du jour :

Peut-on vivre avec des proches opposés/opposées à nos propres valeurs ?

Notre intégrité peut-elle nous forcer à prendre des distances par rapport à nos proches ?

L’amour pour quelqu’un (aussi valable pour une forte amitié) peut nous pousser à faire des compromis. Mais un compromis reste une forme de négation de ses propres valeurs.

Quand on n’a pas (plus) le même centre d’intérêt que l’autre, une distance se créée et qui vient perturber notre intimité. Mais peut-on tout tolérer jusque dans notre profonde intimité ?

Ouvrir le dialogue en cherchant à s’expliquer et donner son point de vue n’est pas une chose si simple. Il est tellement courant de s’entendre taxer d’extrémiste, comme un argument choc imparable pour mettre fin à tout débat et contre toute forme d’ouverture.

Mais le fond du problème n’est pas la position de nos valeurs éthiques (puisqu’il en est question), mais du fait que les gens en face ne veulent pas changer en criant au respect de leurs choix, de leur propre liberté à faire ce qu’ils/elles veulent. Ils/elles oublient les impacts de leurs comportements, sur eux/elles-mêmes d’abord, sur leurs proches, sur les autres et leurs incidences sur la planète.

L’exemple du choix de fumer, n’est pas un choix personnel, puisqu’il implique la destruction de sa santé, de la culture des plants de tabacs dans des régions du monde où la famine tue, où les gens sont exploités, la nature saccagée, les animaux sauvages chassés de leurs milieux naturels, l’appauvrissement des sols, la pollution engendrée par les pesticides et engrais chimiques, sans compter les tests sur animaux en labo pour la recherche sur les maladies induites par le tabac… maladies nombreuses qui tuent des millions de gens à travers le monde après des soins intensifs et couteux pour des pays comme le notre qui bénéficient de sécurité sociale… L’argent public est utilisé pour soigner des gens qui ont fait de mauvais choix dans leurs vies (alcool, tabac, drogues, malbouffe…) au détriment de tous et toutes les autres qui se respectent et respectent ce qui les entourent.

L’exemplarité de sa vie en adéquation avec ses propres valeurs est le meilleure moyen de se faire respecter dans nos choix.

L’isolement peut devenir un danger, soit pour soi directement (stress, dépression) ou pour nos valeurs que l’on risque de renier pour pouvoir avoir une vie sociale. Pourtant, une troisième solution existe, celle de se rapprocher de gens partageant nos valeurs.

Ne pas accepter l’autre tel qu’il/elle est, n’est pas une preuve de tolérance, mais quand cette personne se pollue en se détruisant, n’a-t-on pas le devoir de s’opposer à cela, par amour, compassion, respect ?

Les personnes évoluent différemment, et quand dans un couple, l’un des 2 décide d’évoluer, un décalage se forme. Soit un compromis est possible et viable, soit c’est le fossé qui se creuse. Si l’autre comprend et se dit ouvert, il faut alors pouvoir laisser le temps, sinon il faut provoquer un déclic, une mise au point. Parfois, jusqu’à prendre des distances physiques afin de permettre à l’autre de se poser les bonnes questions, sur ce qu’il/elle désire vraiment dans son existence et ce qu’il/elle peut projeter dans l’avenir.

Il est confortable de faire « comme tout le monde » L’effet de masse est une forme de sécurité qui nous impose des comportements, mêmes inconscients. Être différent/différente n’est pas toujours facile car l’on se confronte alors à tous ceux et toutes celles qui ont des intérêts (politiques ou financiers) pour ne pas que les choses changent, et tous/toutes les autres qui se complaisent dans le système actuel pour de multiples raisons, loin de toute réelle liberté, mais plutôt à la solde de notre société consumériste.

Être libre est une chimère, même nos pensées les plus profondes sont dictées par notre éducation, depuis la famille, jusqu’aux médias et tous les lobbies industriels et politiques.

Pour être libre, au moins dans sa tête, il faut être en accord avec ses valeurs, changer les choses vers plus de respect de ses valeurs et ne pas hésiter à chercher conseils auprès de gens ayant des sensibilités identiques, ou s’approchant, de nos propres valeurs.

L’éthique, pour l’instant, a un prix à payer, même dans notre intimité et ce n’est pas toujours sans douleur. Le changement a un prix à payer malheureusement. Mais il faut être fier/fière d’être les précurseurs de cette transformation éthique.

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