Pause philo #21

Jeudi 8 janvier 2014 : 21ème Pause Philo.

http://www.dreamstime.com/-image1174182Enfin une pause philo, après des semaines de disette !

Une expression a suscité l’intérêt et a été le moteur de cette séance de papotage :

L’expression :  » FICHE-MOI LA PAIX ! « 

Il était important de trouver le sens du verbe « ficher » qui vient donc du langage familier et qui est synonyme de « se faire donner ».

Ce type de langage est plutôt grossier, et ne s’utilise pas avec n’importe qui, mais plutôt avec des proches (familles, ami.e.s, connaissances… mais rarement de parfait.e.s inconnu.e.s). C’est une façon de parler agressive, tant dans les mots que leurs sens.

C’est le paradoxe avec le mot « paix » qui appelle à l’apaisement.

En fait, cette expression est une demande abstraite, non réalisable, comme « va te faire voir ! « . Car si l’on cherche, c’est juste une chose imagée et non palpable, non physique.

Cette expression s’utilise dans une situation que la personne qui la formule trouve dérangeante, stressante… mais pas violente :

On ne dit pas « fiche-moi la paix ! » a une personne réellement violente envers nous-même et qui risque de nous agresser physiquement. C’est au contraire, une personne qui est gênante par son comportement, son attitude ou son discours envers nous mais surtout par rapport ce que nous faisons à ce moment précis.

L’autre vient troubler notre besoin de paix. Mais cette cexpression, même si elle n’est pas réellement violente, amène le conflit, car elle met une cassure nette dans la relation avec l’autre sans lui laisser d’alternative.

Dans cette formulation, on perd sa propre responsabilité en la donnant à l’autre pour qu’il agisse sur notre paix, au lieu de donner un choix réalisable à l’autre pour ne pas créer plus de malaise.

Il y a une différence à  faire avec les mots que l’on utilise, avec d’un coté les sentiments (faim, tristesse, colère, peur…) et  de l’autre les jugements masqués (accablé, humilié, blessé…) qui ne font pas transparaître notre état, mais font références à ce que l’autre nous fait subir.

Notre société est faite ainsi, pour déresponsabiliser les gens (du politiciens au patrons et petits chefs/gourous, sans oublier les religieux de tous bords qui en abusent), c’est à chaque fois la faute de l’autre sans se soucier de ce que l’on fait, peut faire ou envie de faire.

Cette expression est une action pour stopper toute communication et interaction avec l’autre, ce qui engendre donc un conflit car il ne laisse pas de choix à l’autre.

Elle peut être formulée envers une personne même si elle est dans une démarche positive, comme par exemple lorsqu’une personne fume et que l’autre lui fait des remarques sur la santé, la pollution, les industries mortifères pour les humains et la planètes, les multinationales… et que celle-ci ne veut pas entendre, ou quand une personne ronge ses ongles, vole autrui, ou commet des actes non-éthiques. La citation devient synonyme de « Laisse-moi faire ce que je veux ! « .

Il était malheureusement le temps de conclure : Nous sommes seul.e.s responsables de  notre paix, elle nous appartient car elle est en nous, et nous ne pouvons l’avoir que si nous formulons nos besoins à l’autre afin de ne pas briser le lien en lui proposant de participer à notre paix : « Pour ma paix, serais-tu d’accord pour – faire, dire, jouer…- dans X minutes (que ce soit réalisable) » sans utiliser de mot ou formulation négative et ainsi garder le respect de soi et de l’autre.

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