Pause philo #6

Jeudi 28 novembre 2013 : 6ème Pause Philo.

http://www.dreamstime.com/-image1174182Avec l’arrivée de Stéphane, qui devient un membre assidu des Pauses Philo, un sujet sous forme de questionnement fut alors proposé :

Doit-on travailler pour vivre ?

 Le fait de travailler est-il réellement une nécessité et peut-on s’en passer car pour vivre ?

Il fallait tout d’abord analyser les termes de cette question pour pouvoir essayer ensuite de mieux y répondre.

Pour vivre, il faut : manger, boire, se vêtir (surtout en ce moment de décembre bien froid) et se loger (quoi que certains/certaines ont fait un autre choix. Les SDF (Sans Domiciles Fixes) se distinguent entre eux : Ceux/celles qui ont fait un choix de ne plus avoir de résidence fixe et les autres qui ont subi une expulsion et se sont vus/vues jetés/jetées à la rue.

Le système de notre pays est basé sur des lois que l’état impose (même si c’est pour avoir un petit bout de terrain perdu pour s’installer).

Mais il existe des alternatives, comme l’ouverture de squatts qui sont des réappropriations de lieux pour en faire des lieux de vies autonomes ou simplement des logements. Avec l’exemple de l’ouverture de plusieurs squatts et leurs fonctionnements présentés avec détails et humour.

C’est aussi dans cet ordre d’idée qu’il faut faire une distinction entre « vivre » et « survivre » :

Le mot « travail » est ici employé dans le sens « gagner de l’argent » pour pouvoir vivre.

Il est possible de se vêtir de récupérations auprès de structures spécifiques, de manger voire même d’être logé/logée (en hiver dans certaines structures d’accueil). Tout ceci étant possible car il existe des aides sociales. Il n’est pas impossible de ne vivre qu’avec ce minimum que représente le RSA (Revenu de Solidarité Active) qui est heureusement un droit pour toutes et tous.

Mais le fond du problème soulevé ici, c’est que cet argent doit bien venir de quelque part. Et que si le RSA existe, c’est parce que d’autres cotisent avec l’argent prélevé sur leur propre travail.

Aujourd’hui, on entend souvent qu’il n’y a plus assez de travail pour tout le monde. Le RSA est donc perçu comme l’achat d’une paix sociale pour ne pas voir se soulever le peuple.

L’industrialisation a amélioré les conditions de travail pénible  de toutes et tous, mais le bénéfice est mal réparti. Déjà dans d’autres pays, cela engendre une exploitation encore plus forte d’autres humains sans aucun droits.

Un progrès ne devrait-il pas être une invention qui serait partagée pour le bien de toutes et tous dans le respect des autres, de la nature et des animaux , au lieu de profiter à quelques privilégiés (patrons, actionnaires) ?

L’utilisation des avancées scientifiques dans de nombreux domaines ont été développées par les militaires qui s’accaparent brevets et inventions. Il est dit que lorsqu’un produit se commercialise, c’est qu’il a été inventé au moins 5 ans déjà. On peut alors se demander, mais où en sont-ils déjà ?

Une anecdote a alors été présentée : Dans un cursus d’obtention d’un brevet d’éducateur sportif, des cours sont délivrés sur le corps humain et sont fonctionnement. Lors d’un de ces cours, un prof a alors parlé des molécules de la puce qui se trouvent dans les muscles de ses pattes arrières et qui lorsqu’elles se mettent en action, permettent à la puce de sauter plusieurs dizaines de fois sa propre taille. Cette molécule a été découverte et prélevée sur des puces. Les scientifiques peuvent très facilement transposer cette molécule à un humain qui pourrait alors sauter au dessus d’immeuble sans effort. Le seul problème pour les scientifiques, c’est que le corps humain n’est pas assez robuste pour survivre à atterrissage.

Dans les couloirs des laboratoires, les chercheurs manipulent les gênes et expérimentent des tas de choses sur les animaux : La vivisection. Certains ont même affirmés devant des caméras de « rêver de transposer leurs découvertes sur les humains ». Ne devrait-on pas voir peur ?

Cette petite parenthèse fermée, la pause philo s’est alors recentrée sur le sujet. Le RSA permet en effet de vivre simplement. Mais le but du questionnement est plus global. Le RSA reste une forme d’hypocrisie sur le travail, car ne pas travailler en « faisant » travailler d’autres pour qu’ils/elles cotisent n’est pas une réponse valable, même si ce RSA est un droit qui n’est pas remis en cause ici en tant qu’aide sociale.

Ne plus travailler, mais faire autre chose de plus épanouissant et vivre de sa passion peut-il être considérer encore comme un travail ?

Partager sa passion et aimer son activité est moins perçu comme un travail dont le sens est plus assimilé à une soumission, presque comme une forme d’esclavage moderne. Mais même en vivant avec le cœur son activité, cela reste un moyen de gagner de l’argent, et dans notre pays, c’est aussi devoir rentrer dans un système législatif avec des aspects juridiques, des lois, des droits, des taxes et tant de démarches comptables qui font aussi partie des incontournables choses à faire.

Certains/certaines travaillent pour manger, mais d’autres le font pour s’enrichir de plus en plus, et cela au détriment, trop souvent’ des autres. Notre monde vit aujourd’hui au rythme du capitalisme. Depuis la crise, seuls les riches se sont enrichis, comme rarement ils/elles l’ont fait, alors que les pauvres deviennent de plus en plus pauvres.

Travailler 5 ans de sa vie, comme un genre de « service militaire » puis profiter du reste de sa vie avec un salaire décent a été évoqué.

Le constat est là, dans notre société actuelle, pour vivre, il faut travailler, sinon c’est de la survie avec les aides sociales ponctionnées à d’autres.

Peut-on alors s’épanouir dans le travail ? 

Des ouvriers de Florange, jusqu’aux bonnets rouges bretons, les travailleurs/travailleuses réclament le droit de continuer à travailler, parfois jusqu’aux larmes. Aiment-ils/elles à ce point leur travail, ou ne serait-ce pas plutôt la peur de ne pas en retrouver et de ne plus pouvoir profiter de leurs salaires ?

Ouvrir une boutique ou faire des concerts sont des formes de concrétisation d’une passion, mais c’est alors un rythme horaire à s’imposer, des papiers et de multiples démarches administratives, des taxes et autres à s’acquitter. Le fait de devoir « travailler » aussi pour l’État. Le revers de la médaille pourrait-on dire.

Le luxe n’a jamais aussi bien fonctionné depuis la crise, preuve que de l’argent circule. Notre système capitaliste est basé sur le schéma des 3 parties : Les dirigeants/dirigeantes; les actionnaires et les travailleurs/travailleuses. Quand tout va bien, les 2 premiers s’enrichissent de plus en plus, sans que cela n’affecte les salaires des travailleurs/travailleuses. Et quand tout va mal, les 2 premiers ne voient pas leurs profits bouger, mais pour les travailleurs/travailleuses, c’est licenciements, horaires flexibles, pertes de salaires, chômage partiel, etc, etc…

C’est parce que notre société est basée sur l’inégalité de répartition des richesses que le travail reste une forme d’esclavagisme moderne.

Malheureusement, aujourd’hui, pour vivre de manière décente et sans exagération, il est indéniable que l’on doit travailler pour vivre.

Mais il faut aussi dire que le futur reste à écrire, et qu’il y a assez de richesses sur la planète pour ne plus avoir à travailler. Un autre monde est possible baser, non plus sur la création de besoin à consommer » mais sur le fait de répondre aux besoins des gens dans le respect des autres, des animaux et de la planète. Un appel d »espoir pour cette pause philo motivante.

Ne serait-il pas temps de proposer des ateliers militants pour organiser des actions sur la région ?

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