Pause philo #7

Jeudi 5 décembre 2013 : 7ème Pause Philo.

http://www.dreamstime.com/-image11741825 personnes pour cette pause philo. Des petites tisanes bien chaudes et le choix du sujet trouvé en attendant un retardataire joint au téléphone :

L’habit ne fait pas le moine.

Dans cette formule, il est donc affirmé que la façon de s’habiller ne permet pas de connaître la façon d’être, et encore moins de penser, de quelqu’un/une.

Nous vivons cependant dans un monde d’apparences et d’illusions. Pour beaucoup de gens, avoir un style vestimentaire, un look, est une forme d’appartenance à un groupe et d’une idée. Mais combien de ces personnes partagent le look sans partager les valeurs des groupes qu’ils/elles copient ?

Aujourd’hui, nous sommes plus des numéros que des individus. Les préjugés existent, c’est une évidence, et ils vont même jusqu’à créer des discriminations que l’on pensait perdues depuis la fin de l’esclavagisme, du nazisme et de l’apartheid.

S’habiller est aussi un moyen d’expression. Ne dit-on pas « les signes extérieurs de richesse » ? C’est bel et bien, une manière de s’afficher et de vouloir montrer quelque chose à défaut de le revendiquer.

Si l’on n’est pas moine, on ne va pas s’habiller en moine. Et pourtant, combien de personnes sont-elles obligées de s’habiller d’une certaine manière pour leur travail ? Un style d’uniforme pour banquier, assureur, vrp… partagé par des professions particulières, comme des codes immuables pour être crédible.

La façon de s’habiller est aussi influencé par son état d’esprit, en fonction de ses émotions : Plutôt gris et uniforme quand il fait froid, dehors ou dans son cœur, même pour les gens qui aiment les couleurs éclatantes.

La façon de s’habiller est aussi influencé par les moyens financiers, mais surtout par la transmission de l’éducation. Aujourd’hui, la plupart des jeunes veulent des vêtements de marques.

Le climat aussi est un facteur de choix pour son style, et représente même une culture, voire une tradition dans certaines régions.

L’humain existe au travers du regard des autres, et souvent, les gens recherchent à s’adapter et faire partie d’un milieu. Dans l’imagerie populaire, la cravate fait penser que la personne est sérieuse et cultivée. Alors que cet artifice vestimentaire porté par les politiques devient de plus en plus un outil pour déguiser des gens qui n’ont de cultivé que leurs porte-monnaies et leur gloire personnelle de recherche de pouvoir.

Ce système qui impose des normes et des codes, laissent les gens choisir leurs looks. L’excentricité est même devenue phénomène de mode.

Mais derrière cette liberté de s’exprimer avec ses vêtements, les écarts ne sont pas tolérés par le pouvoir en place. La liberté oui, mais pas la marginalité, lorsqu’une mode revendique un changement de société, alors la répression entre en marche.

L’exemple d’un mouvement a été présenté : Le mouvement anarcho-punk.

Loin du cliché du punk alcoolisé qui revendique la liberté de ne rien respecter, l’anarcho-punk est un mouvement qui a revendiqué un changement de société basé sur l’autogestion des moyens de production, de la culture et du social dans le respect des gens, de la planète et même des animaux. Le style vestimentaire devient un engagement politique et culturel dont les bases viennent d’une mouvance musicale contestataire. Le look devient une façon d’affirmer une volonté de rupture des codes établis.

En fait, avoir un style, c’est sortir d’une norme pour prendre les codes et entrer dans une autre. Dans ce sens, sa façon de s’habiller reflète bien sa façon de penser.

Mais, comme il avait dit, certaines personnes utilisent un look sans pour autant en partager les valeurs. Une recherche d’identité, l’influence des médias, de la société pour se donner une apparence aux yeux des autres, jusqu’à des dérapages : Comme les jeunes filles qui se maquillent et s’habillent « trop sexy » sans avoir vraiment conscience de se que cela implique.

L’identité d’une personne ne fait pas non plus son style. Il y a des personnes qui partagent les idées d’un mouvement qui possède un type particulier de look, sans pour autant s’habiller de cette manière. C’est aussi dans sa tête que les choses se passent et pas besoin de l’afficher pour avoir des valeurs et des convictions sur certaines choses.

Avoir un look ne doit pas être le fait de rejeter des personnes, mais juste affirmer ne pas vouloir rentrer dans le moule du conformisme ambiant. Vouloir changer les choses est-il possible sans l’affirmer en changeant de look ?

De nombreuses personnes ont fait avancer des choses essentielles aujourd’hui sans pour autant avoir un look spécial, comme Françoise Sagan par exemple.

Sommes-nous toutes et tous pareilles/pareils ou plutôt toutes et tous différentes/différents ?

Si les gens pouvaient rentrer dans des cases avec des étiquettes liées à chacune un look bien précis, on pourrait définir chaque personne, mais cela n’est pas possible car nos sensibilités sont complexes et même dans certains mouvements, il y a des mouvances et d’autres opinions possibles. N’y-a-t-il pas des militantes/militants pour les animaux qui sont xénophobes, racistes et qui votent pour l’extrême-droite en dehors de toute logique ?

Notre société gérée par les politiques qui empêchent les débordements de masse au profit des banques et des grands patrons, laisse les gens sortir du moule avec les vêtements, bien plus qu’avec la tête.

Pour finir, le petit tour de table a été ponctué par : »habillez-vous comme vous aimez car il fait froid ».

En conclusion, le fait que l’habit puisse faire le moine était vrai dans le cas où le moine fait mine d’appartenir au groupe de moine.

Mais il existe des exceptions par rapport aux préjugés tenaces. Choisir d’avoir un look peut aussi être une façon d’affirmer une revendication basée sur le fait de vouloir vivre différemment.

Juger quelqu’un sur son seul look par rapport à une photo est un préjugé négatif, alors qu’une personne est composée par son image, mais aussi et surtout par rapport à son attitude.

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