Pause philo #8

Jeudi 12 décembre 2013 : 8ème Pause Philo.

http://www.dreamstime.com/-image11741825 personnes pour cette pause philo. Et après plusieurs sujets proposé, l’un a obtenu l’unanimité :

Faut-il privilégier le travail à l’éthique ?

Le sujet a été trouvé par l’une des personnes présentes venue de Bordeaux, en passant devant l’usine de foie gras de st geours de maremne, qui balafre le paysage. Une société qui se pose comme une identité ou une tradition locales, mais qui n’est basée que sur la cruauté envers des animaux.

Comment soutenir des gens qui font fonctionner ce type de société ? Peut-on se respecter en refusant certains travaux ou aller travailler pour de l’argent et donc juste pour soi ?

Aujourd’hui, on voit des gens manifester pour conserver leurs emplois, comme le mouvement des bonnets rouges en bretagne, qui demandent le droit de continuer à être exploités par des patrons et sociétés qui ne respectent ni le code du travail, ni l’écologie et encore moins le respect de la condition animale, comme dans certains élevages ou abattoirs.

Pour beaucoup, la priorité de la vie est de manger, se loger et se vêtir. Mais face à ses propres convictions, ne plus travailler serait juste une forme de survie dans notre société. Une autre personne a alors parlé de son expérience dans un centre d’élevage de canard pour la production de foie gras où il faillait séparer les mâles des femelles pour tuer ses dernières car moins productives. Au bout de 15 jours, cette personne a préférer se retrouver sans emploi que de continuer ce travail, en affirmant qu’elle était seule, et qu’avec une famille à nourrir la situation aurait pu être différente.

Le pouvoir en place n’a pas de respect pour l’éthique et privilégie la quantité au détriment de la qualité, et donc les industries continuent à  polluer et détruire. L’exemple de la firme monsanto qui uniformise de plus en plus l’agriculture en s’implantant à travers le monde, tout en empoisonnant la nature, est assez effrayant.

Il existe des gens qui privilégient l’éthique, mais sont assez rares pour être souligné. Certains aiment leur travail, parfois sans conscience éthique, d’autres le font par simple obligation financière au détriment de l’éthique dans le travail mais aussi celle du travail avec des conséquences sur l’environnement, les animaux voire sur leur propre santé.

Pour certains, le travail en lui-même et les conditions de travail sont liées. Dans notre société, la somme des intérêts du plus grand nombre prime sur celui de l’individu et de l’environnement. Travailler pour le bien de tous et toutes, où l’humain est obligé de travailler pour d’autres tout en détruisant sa propre nature.

Il y a de moins en moins d’aides pour vivre. Les produits pas chers se développent au détriment de la santé et de l’éthique car les gens veulent de la variété et non répondre à leurs besoins vitaux. D’une certaine manière, les gens s’autodétruisent. Les petites entreprises ne sont pas aidées par l’état (difficultés, voire impossibilité, d’embauches, taxations…), donc les gens qui cherchent du travail sont obligés de s’orienter vers les grandes entreprises. Mais comment faire à notre petit niveaux ?

Quel système mettre en place pour qu’un travail soit respectueux de l’environnement, des animaux et des humains ? Il existe une forme d’égoïsme collectif qui s’oppose au bien global et partagé. Faire des concessions est presque devenu une évidence.  La main d’œuvre corvéable et bon marché se développe de plus en plus avec un système économique qui détruit notre monde.

Vivre en harmonie avec un système dans ‘un monde respectueux et éthique, n’est pas possible quand l’humain ne recherche que l’argent et le pouvoir en déréglant tout. Un changement est-il possible ?

La solution doit venir de l’éducation des jeunes générations, car faire changer les gens prend du temps, et il faut qu’ils/elles comprennent que la Terre n’est pas notre possession, mais que c’est notre moyen d’existence et qu’il faut la respecter.

Dans notre civilisation où la télé, bourrée de publicités avilissantes, nous formate et nous oblige à consommer et voir le monde à sa façon. l’exemple de la vaccination à grands coups de reportages médias… Les modes sont dictées par les médias et bouleversent des comportements contre lesquels ‘il est très difficile de s’opposer (l’exemple de la déforestation et la mort des orangs-outans par la production d’huile de palme).

La publicité vous fait penser qu’un Noël sans foie gras ne sera pas un vrai Noël. Et pourtant, des alternatives ont existé. L’Ukraine, pendant la révolution russe, a connu un soulèvement populaire basé sur l’autogestion des moyens de production, de distribution, mais aussi de la culture, du social.. sans patrons, ni pouvoir politique, et ce en temps de guerre par la prise de conscience des ouvriers et paysans à l’initiative de Nestor Makhno.

Le nazisme a porté plus haut que n’importe quel autre régime totalitaire, la notion de travail en tant qu’outil de propagande, avec leurs campagnes et le fameux slogan « le travail rend libre » qui fut un bon moyen d’exploiter les gens sous couvert d’une symbolique patriotique.

Mais, cette idée de travail permettant d’être heureux/heureuse est toujours présente dans les consciences, sauf peut-être dans certaines sociétés encore primitives mais où d’autres aspects pourraient être évoqués par rapport à l’éthique et le fait que la plupart continuent de tuer des animaux.

Notre société capitaliste a basé son développement sur l’idée que les gens sont des consommateurs/consommatrices et qu’ils/elles sont là pour acheter. Tout est fait, non pour répondre à une demande légitime, mais pour créer des besoins.

Aujourd’hui, notre monde n’a plus besoin de tout le monde pour exister, de par les créations technologiques, comme les robots, qui enlèvent une pénibilité de travail en supprimant des emplois.

Alors que faire des autres dont cette société n’a plus besoin ?

Le chômage et les aides sociales, mêmes s’ils restent des droits, ne font qu’occuper les gens en les aliénants sans autre possibilité de penser par eux/elles-mêmes.

L’important serait d’arriver à changer les mentalités et devenir responsable de ce que l’on est.

Mais l’homme est-il né pour travailler ? Doit-il avoir une éthique ? Que serions-nous devenus/devenues sans travail ?

L’éthique n’est-elle pas la quintessence de l’être humain ?

Être sans travail est perçu comme dégradant, qu’il soit choisit ou subit, et les personnes sont marginalisées. Et le glissement des mentalités se fait par le fait que « sans travail, tu n’es rien ».

Pourtant, il existe des gens qui ne travaillent pas, mais amassent du pouvoir et des richesses : Les rentiers (héritiers et autres fortunes de ce monde) qui profitent du système avec beaucoup d’argent set mettent en avant le besoin de travailler des autres.

Le travail est vu comme une chose utile pour le bien de la société, car il est productif, mais est-ce que tout doit être utile ? Qu’est-ce qu’une chose utile ?

Le travail pourrait devenir une source équitable d’épanouissement et pas seulement subvenir à ses besoins vitaux. Ne serait-il pas possible, à l’heure où il n’y a plus de travail pour tous/toutes alors que les richesses existent, de travailler à tour de rôle ? 25% des gens travailleraient 25% de leur temps de travail par roulement ?

Car en fait n’est-ce pas les gens qui ont beaucoup d’argent qui profitent du système plutôt que celles et ceux qui n’ont  pas de travail ?

L’argent est mal distribué et les inégalités dans les salaires en est l’exemple le plus révoltant.

Le travail peut aussi créer du lien social dans un type de commerce ouvert au public. Mais, il y a d’autres moyens pour cela comme partager ses convictions et valeurs éthiques en tenant des stand d’informations en faisant imprimer quelques tracts par soi-même et ainsi créer du lien social éthique.

L’argent est mal distribué et les inégalités dans les salaires en est l’exemple le plus révoltant.

Le système capitaliste existe par 3 composantes : Les patrons, les actionnaires (banques, investisseurs…) et les travailleurs/travailleuses. Et il faut constater que tant que tout va bien, les patrons et les actionnaires ne cessent de s’enrichir au détriment des salaires des autres qui ne changent pas (ou si peu, après des luttes et grèves parfois longues et périlleuses). Alors qu’en tant de crise, comme on le voit depuis 2008, rien ne change pour les patrons et actionnaires qui s’enrichissent toujours (les 500 personnes les plus riches ont vu leur richesses augmenter de 25%) alors que les travailleurs/travailleuses voient les suppressions d’emplois, baisses de salaires, licenciements, congés sans soldes, aménagements des rythmes de travail, etc…

Notre monde ne répond pas aux attentes, mais produits des besoins. Depuis longtemps, plus de produits sont fabriqués qu’il en est besoin. Les richesses sont là, mais tellement mal réparties. Il y a de la surexploitation et de la surabondance. L’humain produit sans savoir pourquoi, tel un patin conditionné pour le profit de quelques uns/unes.

Et pourtant, les robots remplacent les gens et les riches décident du sort, et de la vie même, des autres.

Ce qu’il faut réussir à comprendre, c’est que ces gens ne seraient rien sans la soumission passive des autres et que les grands projets naissent d’utopies et qu’il faut y croire. Que consommer est un acte hautement politique car c’est un choix, qu’il faut revenir au lien social, se reconnecter ensembles, s’ouvrir à l’éthique et d’arrêter de se replier sur soi car le pouvoir a tout intérêt à laisser les choses comme elles sont avec ce slogan « diviser pour mieux régner ». Et qu’il est bon d’être utopiste aujourd’hui.

Le mot progrès fait souvent référence à une avancée technologique sans prendre en compte certains facteurs essentiels à l’éthique. Un progrès est-il vraiment un progrès si la conséquence de sa fabrication ou de son utilisation, provoque une exploitation humaine ou animale et une éventuelle dégradation de l’environnement ?

Vouloir imposer une éthique dans le travail pourrait entraîner la fuite de capitaux dans d’autres pays moins regardant. Et il faut constater que des alternatives éthiques existent mais ne sont volontairement pas développées, car elles pourraient entraîner une autonomie des individus qui pourraient alors se passer de contrôle et du pouvoir. Les sociétés privées ont fait place aux entreprises nationales (les autoroutes par exemple) qui servent désormais à enrichir des groupes comme  vinci.

En Australie, le travail d’éboueur (ici, décrié comme dégradant) a été valorisé par des salaires convenables, ce qui entraîne une autre acceptation sociale de ce travail.

L’important reste de se poser la question du pourquoi les gens vont travailler ?

Une citation amusante dit « le travail c’est la santé, mais ne rien faire, c’est la conserver ». Le travail est vécu par le regard des autres et une image sociale de soi-même par rapport aux autres. Un concept loin de l’idée de travail épanouissant pour soi. Mais être utile ne veut pas dire pour autant que le travail donne réellement une valeur aux choses.

Chacun/chacune a alors conclu en disant que le travail éthique pourrait exister, si l’humain changeait.

Mais qu’aujourd’hui, éthique et travail ne sont pas compatibles car il y a trop d’exigences morales puisque le travail est obligatoire).

Il faut bien constater qu’avant cette notion d’éthique n’existait pas, mais que les consciences s’ouvrent doucement, et qu’il existe des gens, et  même des patrons, qui mettent de l’éthique dans leurs entreprises (écoute, répartition équitable des salaires et du travail, ouverture, respect de l’environnement…).

Il faut donc rester optimistes et se dire que des gens essaient de lier l’utile à l’agréable en proposant des alternatives aux besoins avides de consommer à tout prix, et que si certaines personnes commencent à parler d’éthique, l’espoir est là et qu’un autre monde est possible.

Une pause philo riche et passionnante, devenant une belle source d’inspiration.

 

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